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Qu’est ce que l’arthrose ?
Une articulation normale est recouverte de cartilage, revêtement dont les remarquables qualités de souplesse, d’élasticité et d’amortissement permettent des mouvements souples, sans accrochage et bien sûr sans douleur pendant de très nombreuses années.

Que ce soit avec des pièces mécaniques, d’avion ou d’automobile par exemple, ou que ce soit avec des prothèses, malgré les immenses progrès effectués ces 20 dernières années, aucune technique n’est capable à l’heure actuelle de reproduire un matériau à la fois aussi souple, et aussi résistant à l’usure que le cartilage.
A quoi est due l’arthrose ?
L’arthrose est l’usure du cartilage.
L’arthrose peut être liée à l’usure du cartilage avec le temps, sans cause définie.

Exemple d’arthrose de l’épaule :
noter la disparition de l’espace entre la tête humérale et l’omoplate, traduisant la disparition du cartilage articulaire
Elle peut aussi, au niveau de l’épaule, être liée à d’autres maladies, par exemple :
- Rupture de la coiffe des rotateurs.
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Maladies rhumatismales comme la polyarthrite rhumatoïde.

Exemple : destruction complète de l’articulation de l’épaule dans une polyarthrite rhumatoïde
- Nécrose osseuse liée à la prise excessive de corticoïdes, à des maladies génétiques, à une fracture.
Exemple de nécrose osseuse de la tête humérale après une fracture
- Fracture de l’extrémité supérieure de l’humérus (lien avec FESH)
- Luxations répétées de l’articulation.
Pourquoi l’arthrose est-elle à l’origine de douleurs ? Quels sont les autres signes que peut provoquer l’arthrose ?
Les douleurs sont liées à deux phénomènes au sein de l’articulation :
- Un phénomène purement mécanique : le frottement os-os.
- Un phénomène inflammatoire : le corps réagit aux petits débris d’usure du cartilage en envoyant des cellules de l’inflammation et en produisant plus de liquide lubrifiant, le liquide articulaire.
Ces deux phénomènes expliquent d’une part les douleurs lors de l’utilisation prolongée de l’articulation (frottement os-os) et les douleurs parfois aiguës, avec épanchement de liquide articulaire, le classique « épanchement synovial» .
L’épanchement est donc un autre signe d’arthrose, mais il est souvent moins visible qu’au genou par exemple, car l’épaule est une articulation loin de la peau, contrairement au genou.
Les craquements ou les blocages articulaires sont assez fréquents à l’épaule.
La diminution de l’amplitude des mouvements et la perte de force peuvent être liées à l’arthrose directement, mais aussi à la douleur, ou à une rupture de la coiffe des rotateurs.
Comment peut-on traiter l’arthrose ? Faut-il toujours se faire opérer ?
Dans un certain nombre de cas, l’arthrose est suffisamment peu douloureuse dans les gestes de la vie quotidienne (on ne marche pas sur les mains !) pour être calmée par des médicaments simples :
- Médicaments contre la douleur d’abord, comme le paracétamol ou le dextropropoxyphène-paracétamol.
- Médicaments contre l’inflammation : anti-inflammatoires non stéroïdiens, pour la prescription desquels la consultation d’un médecin est indispensable, car ils comportent de nombreux effets secondaires et ont certaines contre-indications impératives.
La rééducation est souvent utile, parfois en piscine, associée aux ultrasons, à l’application régulière de glace. Son utilité et sa fréquence doivent être determinées par le médecin en fonction de chaque situation particulière.
En cas d’échec de ces premiers traitements, il est possible de proposer une ou plusieurs infiltrations intra-articulaires de médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens.
Ces infiltrations doivent être effectuées par un bon connaisseur de l’épaule, car il s’agit d’une articulation profonde difficile à infiltrer.
Il faut éviter des injections trop fréquentes et pas assez espacées.
En pratique , 3 infiltrations par an espacées de quelques semaines paraissent suffisantes.
Ce n’est qu’en cas d’échec de ce deuxième temps du traitement que l’on doit envisager une solution chirurgicale.
Quelles interventions chirurgicales peut-on proposer dans l’arthrose d’épaule ?
Le lavage arthroscopique
Il s’agit d’aller mettre une caméra dans l’épaule par une petite incision de moins de 1 cm de long et de laver l’épaule de ses débris osseux et cartilagineux qui favorisent inflammation et érosion du cartilage sain restant.
Ce lavage se fait par une deuxième incision antérieure, de même taille.
L’intervention est courte (30 mn) et peut être effectuée en ambulatoire, sous réserve de l’accord de l’anesthésiste.
Les complications en sont rares, voire exceptionnelles : infection, rare (<0,5%) mais toujours possible quelle que soit le type de chirurgie ; raideur de l’épaule,rare également (5%), dite capsulite rétractile, de durée prolongée, parfois 12 à 18 mois, mais souvent résolutive sans séquelles.
Il n’y a pas d’immobilisation de l’épaule et celle-ci peut être utilisée, avec prudence, dès la levée de l’anesthésie loco-régionale souvent effectuée, avec ou sans anesthésie générale.
Les résultats sont souvent bons pendant quelques mois, mais ne perdurent pas car les lésions d’usure sont toujours présentes et le frottement os-os également.
La récidive des douleurs est donc la règle après quelques mois (quelques années pour les plus chanceux).
Il s’agit toutefois d’une bonne solution d’attente avant une intervention plus lourde.
Les prothèses d’épaule
Les prothèses d’épaule, totales ou partielles, ont fait de très gros progrès dans les 10 dernières années.
Elles sont bien sûr beaucoup moins fréquentes que les prothèses de hanche et de genou, car l’arthrose d’épaule est plus rare (on ne marche toujours pas sur les mains !).
Néanmoins, les résultats des prothèses modernes sont maintenant excellents et du même niveau que ceux obtenus avec une prothèse totale de hanche ou de genou. Plus de 90% des prothèses totales d’épaule sont encore en place sans douleur plus de 15 ans après l’intervention !
Les complications sont également rares, mais doivent être prévenues, par des précautions pré et per-opératoires et par une surveillance post-opératoire attentive.
- L’infection, rare (0,5%), est toujours possible, d’autant plus que l’on néglige des foyers infectieux situés ailleurs dans l’organisme (panaris, abcès dentaire, sinusite, infection urinaire, plaie infectée…) ou que l’organisme est affaibli par une autre maladie (diabète, immunodépression, chimiothérapie…). Sa survenue impose souvent l’ablation de la prothèse, un traitement antibiotique de plusieurs semaines, et la remise en place d’une nouvelle prothèse une fois l’infection guérie.
- La capsulite rétractile, raideur de l’épaule peut également survenir et n’a pas de spécificité particulière dans une prothèse totale d’épaule.
- Une fracture sous la prothèse, est toujours possible, surtout en cas de chute.
- Une luxation de la prothèse, rare (1%) est également une éventualité.
- La rupture de tendons de la coiffe des rotateurs peut survenir soit à l’occasion d’un effort inadapté trop précoce,avant la cicatrisation post-opératoire, soit avec le temps si la coiffe des rotateurs n’est pas en bon état au moment de la pose de la prothèse.
- Enfin, l’usure de la prothèse, côté omoplate, est la principale cause de changement de prothèse à long terme, mais reste rare (seulement 6% d’usure nécessitant un changement de prothèse au bout de15 ans d’utilisation).
Certaines causes d’arthrose, comme les nécroses osseuses, permettent de mettre des prothèses partielles, car seul le côté huméral de l’articulation est usé.
La plupart des arthroses de l’épaule entraînent toutefois une usure à la fois de l’humérus et de l’omoplate et nécessitent la mise en place de prothèses totales, qui remplacent les deux versants de l’articulation.
Certains types d’arthrose, enfin, lorsque la coiffe des rotateurs est rompue, imposent des prothèses de morphologie particulière, dite «inversée».
Une intervention chirurgicale pour prothèse totale d’épaule nécessite 4 à 7 jours d’hospitalisation, en fonction de chaque cas particulier.
L’épaule doit ensuite être immobilisée, bras le long du corps, pendant trois à quatre semaines, le temps de la cicatrisation musculaire. Pendant cette durée , de petits mouvements pendulaires et une mobilisation douce est effectuée exclusivement sous contrôle par le kinésithérapeute.
La rééducation est ensuite intensifiée jusqu’à retrouver une fonction de l’épaule compatible avec la vie quotidienne.
Un séjour en centre de rééducation est parfois utile, surtout chez les personnes seules ou qui ne disposent pas d’un kinésithérapeute proche de leur domicile.
Les prothèses totales d’épaule ne redonnent pas « une épaule neuve », mais permettent de retrouver une mobilité quasi indolore de l’épaule.

Exemple de prothèse totale d’épaule
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